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Y a pas que le sport !

Une nouvelle étiquette : la case « sportif »

Hier, c’est arrivé encore une fois, on m’a dit : « Ah mais toi, t’es un vrai sportif ! ».

Ca me laisse toujours un goût bizarre. Moi, à qui on collait parfois l’étiquette « handicapé » avec un petit regard plein de compassion qui va avec, me voilà propulsé dans une nouvelle case. Parce que j’ai posté deux ou trois vidéos, je suis devenu une sorte de para-athlète. Comme si j’avais « camouflé » ma vraie nature d’athlète pendant tout ce temps.

C’est vrai que j’ai fini par produire plus de contenus sur le sport que prévu. Mais à la base, je voulais juste parler de nos sorties en famille, pas devenir le prochain influenceur parasportif !

Sortir d’une case pour tomber dans une autre ?

Je me suis longtemps battu pour qu’on me voit avant ma différence. Mais voilà qu’en montrant que je peux transpirer (et galérer) comme tout le monde, on m’enferme dans une autre case : « Sportif » avec un grand S.

C’est absurde. Surtout quand on me connaît et mes problèmes. Pourquoi vouloir toujours nous résumer à un seul truc ? Oui, je suis régulier et j’aime ça, mais le sport n’est pas ma religion. C’est juste un outil pour ne pas rouiller, pour vider ma tête quand elle sature, et pour voir du monde.

Le piège du « Grand Sportif » : non merci.

On nous vend l’image du « grand sportif » comme le Graal. Pour moi, c’est surtout le meilleur moyen de se foutre une pression d’enfer.

Entrer dans une case — ou pire, finir par croire que notre identité n’est définie que par des cases — c’est accepter une obligation de résultat. On ne fait plus les choses pour soi, mais pour l’image qu’on renvoie. On s’auto-enferme, on se caricature.

En sport, on devient l’esclave de son propre chrono, et on finit par n’exister qu’à travers ses biceps. On s’interdit d’avoir la flemme, d’être fatigué, ou de préférer une bon film avachi dans un divan à une séance de gainage.

La force du « banal » : ouvrir la porte (sans se coincer les doigts)

Dès qu’une personne différente fait du sport, on veut absolument en faire un récit héroïque. Un truc spectaculaire, limite avec une musique de gladiateur en fond. Si c’est « juste » pour mon bien-être, ça semble tout de suite moins intéressant à raconter.

Mais c’est justement ce côté banal qui m’intéresse. On est tous intimidés par l’image de l’athlète au corps parfait qui ne transpire même pas après 50 pompes. Moi le premier, j’ai connu cette petite angoisse de pousser la porte d’une salle de sport, en me demandant ce que je foutais là au milieu des « dieux du stade ».

Alors, si moi, avec ma différence et mes doutes, j’ai osé pousser cette porte, je me dis que ça peut peut-être décomplexer quelqu’un d’autre. Pas pour devenir champion du monde, mais juste pour se sentir un peu mieux dans ses baskets (ou ses roues). Si on arrête de voir le sport comme une secte pour gens parfaits, on réalise qu’il appartient à tout le monde.

Le mot qui ne veut rien dire

Par curiosité, j’ai été voir la définition de « sportif ». C’est tout bête : « Qui aime le sport, qui le pratique. » C’est tout. Pas besoin de tablettes de chocolat ou de médaille d’or.

Alors, si être sportif c’est juste aimer l’effort (et râler un bon coup pendant qu’on le fait), ok, je prends la case. Mais elle reste bien trop petite pour moi. Je suis un homme, un père, un fan de nature, un râleur pro… et parfois, entre deux, je fais un peu de sport. C’est mon outil, pas ma définition.

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