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La vrai inclusion !

L’inclusion « entre nous » ? Ce n’est pas de l’inclusion

L’autre jour, je scrolle sur le net et je tombe sur une annonce pour une « super course INCLUSIVE ». Sur le moment, j’ai le petit frisson, l’enthousiasme qui monte… et puis paf. Le soufflé est retombé plus vite qu’un gâteau raté quand j’ai commencé à comprendre ce qu’on appelle maintenant de l' »inclusion ».

L’inclusion, telle qu’elle est présentée généralement, c’est souvent nous proposer de faire la même activité que les valides, mais bien sagement dans notre coin. On se retrouve entre nous, les invalides, à faire notre truc en parallèle. C’est là que le bât blesse : on confond trop souvent l’accès à une activité avec l’inclusion tout court.

Pourtant, l’inclusion ce n’est pas une photocopie de l’expérience des valides dans un bocal séparé. C’est la possibilité de vivre l’événement avec les autres, de se sentir faire partie du tout. Permettre à une personne en handbike de faire 5 km, c’est de l’adaptation technique. Lui permettre de le faire au milieu du peloton, c’est ça, l’inclure. Le reste, c’est juste de la ségrégation polie avec un dossard de couleur différente pour qu’on nous repère bien.

Et, aussi, parfois, on attend de nous une sorte de reconnaissance éternelle, comme s’il fallait être reconnaissant d’être « accepté » ou toléré par pitié. Mais la vraie inclusion ne demande pas de merci ; elle ne devrait pas être perçue comme un geste charitable, mais comme l’acceptation naturelle de ce que nous sommes, sans condition ni dette morale.

Alors attention, je n’ai rien contre les activités exclusivement « invalide ». Elles ont le mérite d’exister, c’est parfois rassurant d’être entre pairs pour s’échanger des tuyaux techniques. Mais, ça ne doit pas être la règle. Surtout que ces rassemblements posent un gros souci de logistique assez absurde : pour que ça fonctionne, il faut rassembler assez de monde. Sauf qu’on reste une minorité, ne l’oublions pas !

On se retrouve alors face à un dilemme. Soit on annule l’activité parce qu’on n’est pas assez nombreux, soit on force des gens à traverser la moitié du pays pour « faire nombre » au même endroit, au même moment. Tout ça parce qu’on a peur de nous mélanger au flux normal ! C’en est même ridicule pour des gens qui ont, par définition, des difficultés pour se déplacer, de devoir manger des kilomètres juste pour pouvoir exister quelque part.

Pour moi, une inclusion réussie, c’est celle qui ne nécessite pas de banderole spéciale. C’est quand ma présence est devenue banale.

Alors, pour être vraiment inclusifs, ne créons pas d’activités sur mesure. Acceptons simplement notre différence et voyons ce que l’on peut faire ensemble… ou pas. Ce sera peut-être un peu plus le bazar, faudra peut-être faire attention à ne pas faire rouler sur des pieds, mais au moins, on sera ensemble. Et c’est quand même ça, le but du jeu, non ?

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