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Je suis plus handicapé que toi !

Et comme si la vie n’était pas déjà suffisamment complexe lorsqu’on vit avec une différence, et comme si les places n’étaient pas déjà chères (au sens propre comme au figuré), un véritable combat s’est installé : à celui qui sera vu comme le plus handicapé, le plus nécessiteux.

Les places de parking réservées en sont l’exemple parfait. Déjà que faire respecter ces emplacements relève du parcours du combattant, voilà que certains se battent entre eux sous prétexte qu’ils en auraient « plus besoin » que le voisin. Certains vont même jusqu’à réclamer un changement de logo parce que le pictogramme actuel ne correspondrait pas à leur handicap spécifique. On en vient à se demander légitimement si certaines personnes concernées comprennent encore la réelle utilité d’une place plus large et proche des accès.

Alors oui, bien sûr, il y a la loi, la réglementation et l’obtention de cette fameuse carte. Mais posséder ce sésame ne dispense pas du respect mutuel entre titulaires. Pour ma part, si j’en ai la possibilité, je laisse évidemment la place à quelqu’un qui en a davantage besoin que moi à ce moment-là. Si je suis seul et sans aide, évidemment que je la prends. Si j’attends sagement dans la voiture pendant que quelqu’un d’autre fait une course, évidemment que je la laisse libre, même si j’ai soi-disant ce « droit ».

C’est devenu un réflexe généralisé : une sorte de surenchère permanente à qui sera le plus impacté, le plus méritant d’avoir des subsides, des aides ou de l’attention. Et sincèrement, ça me dépasse. Est-ce vraiment valorisant de chercher à paraître le plus diminué ou le plus affaibli possible dans le seul but d’obtenir un privilège de plus ?

Je me souviens avoir laissé ma place assis dans un bus à une dame âgée qui, à mes yeux, en avait plus besoin que moi ce jour-là. Le respect, ce n’est pas une question de document officiel ou de statut. Je n’ai rien gagné en faisant ça, c’est vrai, mais je n’en suis pas mort non plus.

Et la place bleue n’est que la face visible de l’iceberg. Pensez aux files prioritaires : il y en a toujours un pour estimer que sa situation est plus urgente que celle des autres. À l’hôpital, c’est exactement la même histoire : certains s’imaginent dispensés d’attendre comme tout le monde. Et puis il y a ceux qui sont prêts à vous marcher dessus simplement parce que la vie les a frappés, « EUX », plus durement que le reste du monde.

Mais au fond… c’est quoi cette mentalité ?

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